Entretien avec Bernard Henri Levy de passage à Tel Aviv

Entretien avec Bernard Henri Levy de passage à Tel Aviv

Posté le 01 December 2015 à 09h00

Alors qu’il sera demain l’invité du Musée de Tel Aviv pour une lecture de quelques pages de son prochain livre « Le génie du Judaïsme », Bernard Henri Levy confie à Happy in Tel Aviv sa vision du monde post-13 novembre et de Tel Aviv, la « ville pluriethnique » par excellence comme il aime l’appeler. 

Happy in Tel Aviv : Bernard Henri Levy, bonjour ! Vous serez demain à Tel Aviv pour une rencontre autour de votre prochain livre “Le génie du judaïsme”. Pourriez-vous nous dire, en quelques mots, quels sont les thèmes de ce vaste sujet qui y seront abordés ?

Bernard Henri Levy : C’est la suite du Testament de Dieu, un livre très ancien, un livre de jeunesse, mais un des livres auxquels je tiens le plus. Depuis trente ans et plus, je comptais lui donner une suite. La voici. La force des Juifs. La beauté des Juifs et du judaïsme. La fierté juive retrouvée et, en fait, jamais perdue de vue. Ce nouveau livre, ce Génie du judaïsme, est un livre paradoxalement optimiste. Il dit pourquoi je n’ai pas peur des antisémites. Ni de Daesh.

Après les attentats du 13 novembre à Paris et l’onde de choc internationale qu’ils ont suscitée, quel est votre sentiment sur l’atmosphère qui règne aujourd’hui dans la ville lumière ?

Eh bien, je vais vous surprendre. Mais je trouve que Paris s’est réveillée. On la craignait en état de choc, commotionnée. En fait, pas du tout. C’est une ville debout. Et en colère. C’est aussi une ville où le livre de Hemingway, Paris est une fête, est redevenu un best seller en une nuit. Etrange ? Non, Paris.

Est ce que des choses, des habitudes, des croyances ont changé suite à ces attaques ?

Je ne sais pas. Je ne trouve pas. La joie de vivre de Paris me semble, vous dis-je, inentamée. Je n’ai pas le sentiment que les restaurants se soient vidés. Ni les cinémas. Ni les concerts. Et j’entendais, l’autre jour, que le groupe qui jouait, le soir tragique, au Bataclan, a l’intention de revenir, dès que possible, finir le concert interrompu. Vous verrez : nous serons nombreux, très nombreux, à venir les écouter.

Israël, que vous connaissez bien, connait depuis de nombreuses années cette situation d’alerte permanente face au terrorisme. Pensez-vous que la France peut ou doit s’inspirer du “modèle israélien” comme cela a été évoqué dans la presse française.

Tout dépend de ce que vous entendez par « modèle israélien ». Quand vous dîtes ça, en France, les gens entendent état d’exception permanent, urgence faite loi, la suspension unilatérale et brutale des principes de l’état de droit. Ce qui me frappe, moi, en Israël, c’est exactement l’inverse. Le sang froid. La mesure. Un pays qui vit, depuis sa naissance, en alerte quasi maximum et qui n’a jamais perdu de vue, pour autant, les principes démocratiques fondamentaux.

Tel Aviv, où nous nous trouvons, offre un condensé de cultures et d’histoires qui prend ses racines aux quatre coins du monde. Que vous inspire ce modèle de société où la différence des origines est vue comme une force par ses habitants ?

Ce que ça m’inspire ? Qu’Israël, au lieu d’être vilipendé, devrait être tenu pour un modèle. L’Europe, les Etats-Unis, sont à la recherche de la pierre philosophale de la société multi ethnique qui fonctionne. Eh bien cette pierre, si elle existe, existe en Israël. Car c’est là, en Israël, que s’applique et triomphe le fameux E pluribus unum (ndlr. L’union fait la force) de Virgile qui donne sa devise à la démocratie américaine et qui pourrait la donner à la France. L’Etat pluriethnique existe. Je l’ai rencontré. Mais à Tel Aviv, pas à Paris ou à New York.

À Tel Aviv, quel est le quartier qui vous inspire le plus ? Y avez-vous vos habitudes (café, restaurants, promenade…) ?

La Cantina (ndlr. restaurant italien) sur Rothschild. A Jaffa, le bout de plage où fut assassiné Haïm Arlozoroff (ndrl un leader du Mouvement des Travailleurs, poète et politicien, membre directeur de l’Agence juive). Et puis le Musée de Tel Aviv où je serai mercredi pour lire, en avant – première, des pages de ce Génie du judaïsme qui n’est pas encore paru mais qui compte déjà tellement pour moi. A mercredi. Entrée libre.

Bernard Henri Levy merci pour cet entretien et bon séjour dans la Ville Blanche.

Bernard Henri Levy sera l’invité du Musée de Tel Aviv le 2 décembre à 20h30. Entrée Gratuite.

Grande-BHL

© Photo : JF Paga

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